L’Huilerie

Huile de Noix. Tout commence par le ramassage des noix ; elles sont mises à sécher pendant quelques temps, puis, durant les longues soirées d’hiver, les cerneaux sont extraits de leurs coques. On peut alors les amener à l’huilerie.

Elles seront d’abord écrasées au gruoir. Une pierre tronconique tourne en roulant, entrainée par l’arbre de la turbine. De son poids, elle broie les cerneaux. Juste derrière elle, entrainée dans le même mouvement, des palettes raclent et rassemblent la pâte ainsi obtenue en un monticule sur lequel la pierre roulera encore lors de son prochain passage. Une fois le travail de broyage achevé, la pâte est chauffée sur le chauffoir (une grande poêle sur un fourneau à bois) ; c’est certainement l’opération la plus délicate et là où le talent de l’opérateur se révèle. Il ne faut pas dépasser 60 degrés ni que la pâte attache. Pour cela, des palettes métalliques entrainées par la turbine tournent en permanence dans la marmite… le résultat de cette cuisson sera reflété directement dans la couleur de l’huile qui devra rester claire. … Sans parler du goût qui lui aussi serait profondément marqué par une chauffe mal maitrisée… Une fois cette chauffe effectuée, la pâte est prélevée rapidement dans une grande pelle en bois, elle est chargée dans le pressoir et emballée soigneusement dans un tissu épais (scourtin) fait de crin de cheval ou de poil de chèvres ou de chameaux.

Scourtin

Le couvercle de la presse rabattu, commence alors la mise en pression.
C’est gaillardement qu’il faut aller sur le levier en bois de 3 mètres de long et, quand l’homme cale, c’est au treuil (mû lui aussi par la force de l’eau), que l’on poursuit l’extraction de l’huile qui coule lentement tout au long de cette opération. On laissera ensuite décanter le produit, puis si nécessaire, il sera filtré. La pâte restante fortement compressée pourra être réchauffée à nouveau pour subir une deuxième pression.Le gâteau ainsi formé sera utilisé pour la nourriture des bestiaux.

Les machines de l’huilerie

Le gruoir

La Presse de l’huilerie est une presse manuelle à vis tournante, métallique et filet carré, mue par levier, plateau à encliquetage et treuil horizontal.

Le bâti de la presse est composé d’une semelle maçonnée, sur laquelle repose le pot de presse, d’un chapeau fait d’une grosse et longue pièce de bois munie en son milieu d’une mortaise dans laquelle vient s’insérer par en-dessous l’écrou de fonte à six pans de la vis. La semelle et le chapeau sont reliés par six jambages de fer forgé à section rectangulaire, noyés à leur base dans le béton de la semelle: quatre d ‘entre eux sont verticaux, encadrant la vis, ils viennent s’articuler deux à deux sur deux axes métalliques traversant la poutre dans sa largeur au tiers supérieur de l’épaisseur, rondelles et goupilles les verrouillent sur les axes; les deux jambages restant, logés également de part et d’autre de la vis et à mi-distance de ceux précédemment décrits, s’élèvent , légèrement inclinés, vers la vis, traversent  dans deux mortaises le chapeau sur le sommet duquel ils sont assujettis chacun par un coin métallique permettant de les mettre en tension quand la presse est au repos.

Le chapeau en bois a une extrémité scellée dans le mur pignon et l’autre solidement ancrée dans les murs par deux tirants horizontaux.  L’extrémité inférieure de la vis, sa tête,  est munie d’un plateau à encliquetage et vient se loger dans la crapaudinedu couvercle du pot de presse. Ce couvercle de fonte est articulé sur le bras d’une potence et muni d’un contrepoids sphérique pour en faciliter la manœuvre. Le pot de presse en fonte, tronc de pyramide base en l’air, a ses faces internes rainurées verticalement pour faciliter la circulation et l’extraction de l’huile, de plus, chaque face rainurée est recouverte d’une tôle percée dans le but d’éviter le colmatage des dites rainures.

L’entrainement de la vis en rotation est induit par un levier de bois de forte section et de grande longueur sur lequel deux hommes peuvent peser, qui vient s’engager dans un oeil en fonte faisant partie du dispositif d’encliquetage.  Ce dispositif simple et ingénieux permet par un mouvement de va et vient du levier balayant ainsi un secteur compris entre les jambages de la presse de faire tourner la vis de manière saccadée dans un sens ou dans l’autre; sur d’autres types de machines il autorise un gain de place important dans les ateliers réduisant le balayage du levier à un secteur seulement de l’aire circulaire qu’engendre son extrémité lors d’une rotation complète. Au moulin le dispositif à encliquetage se compose d’un plateau horizontal solidaire de la tête de vis, muni de quatre lumières traversantes, également  reparties sur sa périphérie, surmonté d’une pièce libre de rotation autour de la vis de la presse qui  lui sert d’axe et comportant un oeil  dans lequel on peut venir embarrer le levier de la presse, des logements au droit des lumières du plateau accueillent des clavettes. La rotation du levier logé dans l’œil de fonte se transmet au plateau par les clavettes parallélépipédiques dont un des angles inférieurs est coupé à trente degrés, ces clavettes par gravité lors de la rotation tombent dans les lumières du plateau et les forces de rotation sont alors transmises par ces clavettes en prise, arrêtes droites contre arrêtes droites. Dans le sens rétrograde la pression des forces de rotation s’exerçant sur le plan incliné formé par le pan coupé des clavettes les chasse vers le haut, désolidarisant le plateau de l’oeil  et permet ainsi le recul de la pièce mobile jusqu’à ce que les clavettes tombent à nouveau dans d’autres lumières, le mouvement du levier peut alors à nouveau être inversé pour reprendre l’entrainement de la vis. En inversant le sens dans lequel sont enfichées les clavettes on inverse le sens de rotation de la vis.

Un treuil permet de multiplier considérablement la force développée par l’usage du levier simple, on vient alors frapper le cordage sur un organeau métallique situé à l’extrémité du levier soit directement soit par une poulie de renvoi pour inverser le sens de rotation. Ce treuil se compose d’un arbre, portant un tambour sur lequel vient s’enrouler le cordage, entraîné en rotation par une roue dentée de grande dimension en prise sur un pignon droit mis en rotation par manivelles; de plus l’arbre du petit pignon et des manivelles peut aussi être mis en rotation par l’intermédiaire d’un couple conique lui même entraîné par une poulie plate mise en mouvement par une des turbines Canson  et diverses courroies. L’embrayage du treuil se fait à l’aide d’une bringuebale permettant de faire passer la courroie de la roue folle à la roue menante.

La presse
Le chaufour à feux de bois

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