La Meunerie

Le produit obtenu après le premier broyage porte le nom de semoule que l’on divise en grosse, moyenne ou fine semoule. Le son est constitué de l’enveloppe des grains. Suivant sa grosseur, on le désigne sous le nom de gros, moyen ou petit son.  Lorsque la semoule ne renferme plus d’enveloppe, on a la semoule nue, sinon on a la semoule habillée.  

Les deuxième et troisième broyages donnent du gruau.  Pour ce qui est de la farine, on la nomme farine fleur, farine première, farine seconde ou farine troisième. Ces dernières sont toujours plus ou moins colorées et on leur réserve le nom de farine bise. On admet généralement que 102kg de blé donnent 100Kg de blé nettoyé et fournissent après mouture 70kg de farine première, 6,4kg de farine seconde et troisième et 23kg d’issues (sons, déchets). Les semoules habillées donnent la farine bise, les semoules nues donnent la farine blanche, elles sont séparées par un dispositif appelé saseur. On n’emploie pour la panification que les farines premières. 100kg de farine peuvent donner de 130 à 140kg de pain. 100kg de farine correspondent sensiblement à 140kg de blé, si bien que l’on peut dire qu’un poids de blé donne une quantité égale de pain. Le choix de la qualité du blé lorsque le meunier ne travaille pas à façon est une opération délicate qui demande une grande expérience. Une fois le blé nettoyé il est parfois nécéssaire de l’humecter. Cette opération peut conduire au trempage pour les blés durs moins hydratés.

Les machines du moulin à céréales

Un nettoyeur trieur de grains : cet appareil, grâce à un courant d’air violent, sépare la poussière, les pierres, la terre et les autres débris des céréales qui pourront ensuite être broyées.

Une paire de meules de 1.4 m de diamètre. Cette machine dont l’aspect n’a guère varié depuis des siècles est constitué d’un bâti en bois sur lequel repose la meule dormante, celle ci laisse passer en son centre l’arbre de transmission qui entraine la meule supérieure en rotation. 

Archure en bois enfermant les meules, la pièce arrondie en premier plan est un arceau suspendu à une potence en bois. 
Une fois l’arceau positionné au-dessus des meules, le meunier le chevillait à la meule courante pour la soulever, lui faire faire demi-tour et la « rhabiller ».

La liaison entre l’arbre et la meule se fait par l’intermédiaire de l’Anille, pièce en fer en forme de X. Le grain est introduit par le centre de la meule supérieure (ou courante) grâce à une trémie et circule entre la meule supérieure convexe et la meule inférieure strictement plane et toutes deux munies de sillons. La distance entre les meules est réglable. Au moulin de Saint Michel, les meules sont des meules composites formées de pierres taillées, assemblées au mortier et cerclées de fer, dont la dureté varie de l’intérieur vers l’extérieur : des pièces de haute technologie! On est loin des pierres qui s’effritaient dans la farine et faisaient dire du pain qu’il ravageait les dents. Les sillons dans les meules s’usent assez rapidement et il faut régulièrement retailler ces stries à l’aide d’un marteau. On dit que l’on habille la meule, cette opération peut avoir lieu une fois par semaine quand le moulin est utilisé à plein rendement.

Une meule – on voit très nettement les sillons et le cerclage de fer

Deux broyeurs à cylindres:(un convertisseur et un dé-compacteur) montés en lieu et place d’une autre paire de meules (dont seul le bâti en bois a été conservé) ces machines sont la preuve de la constante évolution des technologies auxquelles les mouliniers étaient confrontés. Celle-ci mettait à l’épreuve leur capacité d’adaptation et leur réactivité pour faire face à la compétition des minoteries (dont l’évolution en puissance n’était pas limitée par une hauteur de chute ou un débit turbinable…) Les machines à cylindres sont utilisées en série, chaque paire de cylindres est composée d’un cylindre fixe et d’un cylindre entrainé en rotation. La distance entre les cylindres est réglable et les cannelures, dont ils sont munis, agissent sur le grain par compression et par râpage.  

Broyeur à cylindre
(à gauche, on aperçoit le conduit de bois vertical qui abrite l’élévateur à godets)

Un élévateur à godets : c’est une courroie entrainée en rotation et enfermée dans un conduit de bois vertical qui, équipée de petit godets métalliques, transfert la semoule à la sortie des meules vers le blutoir (appareil disparu au moulin qui permet de séparer la farine du son).

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