La Scierie

Les billes de bois déchargées dans la cour sont amenées à la scierie au « trinqueballe » ou triqueballe tracté par un treuil situé dans la scierie; là elles sont transférées sur le banc de sciage de long et fixées sur le chariot de la scie battante. La scie battante, mûe par la force de l’eau, est composée d’une lame semblable à celle d’un passe-partout et montée sur un cadre. La scie est réglée tout d’abord pour enlever la première dosse (c’est la première planche dont la face convexe est couverte d’écorce). On règle la vitesse d’avance du chariot en fonction du diamètre de la bille et aussi de l’humidité et de l’essence du bois qui influent directement sur sa dureté.

Ensuite, en fonction du débit de bois que l’on veut obtenir, le chariot est déplacé sur ses crémaillères à l’aide d’une manivelle pour régler l’épaisseur de la pièce à obtenir. Une fois la pièce débitée, on la bascule sur la table de la scie à ruban pour la déligner. La pièce ainsi façonnée est alors ressortie de la scierie pour être empilée à l’extérieur. 
Le trou situé sur le pignon nord du bâtiment au droit du chariot de la battante, témoigne que le client à cette époque était roi (déjà) et que pour honorer la commande d’une pièce dont la longueur dépassait la capacité du bâtiment, sans hésitation, cette ouverture improvisée avait permis d’accommoder  la surlongueur …

Les machines de la scierie

La scie battante avec son chariot à amenage réglable pour la découpe des grumes :

Cette machine occupe une bonne partie de la scierie, sa structure, à sa partie supérieure, est connectée à l’entrait d’une des fermes du bâtiment et descend dans le fond de l’huilerie où se trouve l’arbre manivelle. Cette scie dont le cadre est en bois a la particularité d’être à amenage continu. Son cadre est mû par une bielle connectée à une roue en fonte, elle-même entraînée par une courroie. Le système d’avance réglable est essentiellement composé d’un réducteur à engrenages plans et d’un régulateur à courroie plate ; cette courroie peut être déplacée à l’aide d’un levier sur deux cônes en bois montés tête bêche, ce qui permet d’adapter la vitesse de coupe au diamètre de la bille à couper, à la dureté du bois, à la puissance disponible et aussi à l’état de la lame. 

Un des cônes en bois, pour adapter la vitesse de coupe

Le réducteur est encore équipé d’un crabot qui permet de reculer le chariot à plus grande vitesse une fois la coupe terminée. Pour les scies battantes à amenage continu la lame doit scier en montant et en descendant ; il y a donc sur la lame une dent dans un sens et une dent dans l’autre sens alternativement. A cause de l’amenage continu, au point mort haut et au point mort bas, la grume continue à avancer en exerçant une poussée sur la lame immobile, ce qui représente un inconvénient majeur…  Un autre type de machine équipé d’un cadre métallique incliné sur la verticale dans le plan longitudinal est muni d’une avance alternative : la lame scie alors seulement dans le mouvement vers le bas, la bille étant immobile. Et quand la lame remonte, la grume avance alors. Ces machines non plus ne sont pas parfaites : il n’est pas évident d’arrêter le chariot d’amenage à chaque battement et de le redémarrer surtout quand la grume est lourde et que l’inertie de l’ensemble chariot grume est importante. La scie à ruban avec une table à avance manuelle. Une fois la planche ou la poutre débitée dans la bille grâce à la scie battante, la pièce de bois est placée sur la table de sciage de la scie à ruban pour être délignée. Il est intéressant de remarquer la façon dont les machines sont implantées dans le moulin, la scie à ruban en est un bon exemple : la commodité d’utilisation prime sur toutes les autres contraintes. De manière à optimiser l’espace entre la scie battante et la scie à ruban, le mur dans lequel la scie à ruban est scellée a été repoussé, une porte à peine ébauchée, la sablière supprimée et la pente du toit modifiée lui donnant ce galbe en aile de pigeon qui donne tant de charme à cette façade.

La scie circulaire sur table. 

D’autres machines dont il reste quelques traces ont disparu… on peu citer un treuil qui permettait d’approcher les grumes jusqu’à la porte de la scierie, la grume était au préalable posée sur un essieu à deux roues (trinqueballe).

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez votre site Web avec WordPress.com
Commencer
%d blogueurs aiment cette page :